L'épée-baïonnette 1874 Gras.

Christian Méry et Pierre Renoux.

christianmery@wanadoo.fr

 Description :

L’épée-baïonnette modèle 1874 est à lame droite, avec un dos plat lui donnant une section en T. La lame se termine avec un contre tranchant au dos de 11 cm, formant avec le tranchant une arête déportée vers le dos, de même que la pointe.

La croisière est à quillon recourbé vers la lame, terminé par un rouleau lenticulaire. La douille, au dos est légèrement écartée du dos le la poignée. Elle est fendue au niveau des rosettes qui sont fermée par un rivet bombé. Sous les rosettes se trouve la rainure pour le petit tenon du canon. La croisière est fixée à la lame par deux rivets à têtes bombées. Comme l’extrémité du canon du fusil 1874 est la même que celle du fusil modèle 1866, la croisière de la baïonnette 1866 a été conservée en remplaçant simplement la vis de réglage par un rivet. Cette décision permet aussi une substantielle économie, car il n’est pâs besoin de changer l’outillage déjà établi.

La poignée possède un pommeau en laiton moulé, avec deux plaquettes en noyer, leur jonction avec le pommeau est oblique. Le pommeau est fixé à la soie de lame par deux rivets arasés en laiton. Les plaquettes sont fixées par deux rivets à têtes bombées, sur rosettes, l’œil du ressort de poussoir formant la rosettes de l’un d’eux. Le dos de la poignée présente une rainure pour la directrice de canon qui se prolonge à l’intérieur de la douille. La partie arrière des plaquettes forme la paroi de la coulisse. Cette paroi s’abaisse ensuite par un redan qui dégage la soie.

Le pommeau est à bec arrondi. Au dos, dégagé par un redan au niveau des plaquettes, se trouve le prolongement de la rainure de directrice et la rainure du tenon, surmontée d’un chanfrein arrondi. Sur le côté gauche du pommeau se trouve la partie saillante du poussoir dont la tête ronde est vissée sur le corps de poussoir tête ronde. Sur l’autre côté, en partie sur la plaquette, se trouve le ressort de poussoir, lame d’acier en L formant rosette de rivet, et prolongé d’une petite queue pour éviter qu’il prenne du jeu dans le bois.

Le fourreau en tôle d’acier est terminé par une large goutte en olive. La cuvette est à deux battes internes avec un petit saillant sur le dos de l’ouverture. À 15 mm de l’entrée de fourreau se trouve un bracelet formant pontet à sa partie avant. La cuvette est tenue par un rivet bombé de chaque côté du fourreau entre l’ouverture et le pontet. Le fourreau est totalement bronzé.

  Dimensions :  

Longueur totale     

 644 mm

Longueur de lame     

 521 mm

Largeur de lame (talon) 

20,7 mm

Diamètre de la douille   

17,5 mm

 Marquages :

Sur le dos de lame se trouve le marquage des 3 manufactures qui participent à la fabrication de l’épée-baïonnette modèle 1874, en lettres cursives avec la date de fabrication de la lame, St Etienne, Châtellerault et Tulle, sous la forme :

Mre d’Armes de Chatt Juin 1878

Les manufactures ne pouvant assumer la demande d’épée-baïonnette, des contrats sont passés avec des fournisseurs civils. C’est ainsi que les ateliers parisiens de « Denis » et « Oudry » fabriquent un grand nombre d’arme dans les années 1880 et 1882. Les baïonnettes livrées par Oudry sont marquées au dos de lame "Paris Oudry " suivi de l'année de fabrication; celles de faites par Deny sont marquées  "L.Deny " avec également l'année de fabrication.

Une commande est faite, en Autriche, à l’usine de Steyr déjà liée par contrat avec le Ministère de la Marine et des Colonies, plus de 200000 baïonnettes seront construites en 1878 et 79, dont 125000 à destination de Châtellerault. Ces épées-baïonnettes fabriquées en Autriche sont marquées "Usine de Steyr " suivi de la date. Elles sont réceptionnées et contrôlées à St Etienne. Il est à remarquer qu’il existe deux tailles de marquages de Steyr.

Toutes ces armes fabriquées sous contrat sont strictement semblables au modèle de manufacture.

On trouve également sur le talon droit de lame un chiffre qui indique le lot de métal utilisé. Les poinçons du contrôleur chargé des baïonnettes ainsi que celui du Directeur de la manufacture, se situent sur le talon et également le quillon du côté gauche. Le numéro du fusil auquel est affectée la baïonnette, formé d’une lettre cursive majuscule et d’un nombre de 5 chiffres maximum se trouve sur le quillon. Le fourreau porte sur l’arrière du bracelet-pontet le même numéro d’arme que sur le quillon, les poinçons de contrôle et réception sur l’arrière entre le bracelet pontet et l’ouverture et un poinçon sur l’olive terminale.

Certaines de ces baïonnettes ont été affectées à la marine et aux troupes coloniales et portent donc une ancre sur la croisière, sur le côté externe.

Des exemplaires de cette épée-baïonnette modèle 1874 ont été fabriqués très tardivement, après l'adoption même du fusil Mle 1886, puisqu'il est possible d'en rencontrer marquées de Châtellerault en 1887, probablement armes de remplacement.

 Variantes :

L’usine de Steyr a simultanément utilisé la chaîne de fabrication de cette baïonnette pour fournir à la Grèce, des baïonnettes pour le fusil Mle 1878, semblables aux 1874 françaises. La seule différence est que la baïonnette grecque est marquée au dos "Waffenfabrik Steyr " suivi de la date de fabrication. Elle ne porte pas de poinçons de contrôle sur la croisière, le numéro d'arme, sans lettre initiale, est frappé entre les rivets de croisière et, enfin, le bouton de verrou est marqué sur son plat "OEWG".

Des épées-baïonnettes de ce modèle, plus ou moins de modifiées, seront utilisés par l’Allemagne, le Chili et à degré moindre quelque autres pays.

Le sabre-baïonnette pour les mousquetons et carabines :

Comme indiqué dans la décision ministérielle, le sabre-baïonnette Mle 1866 est conservé pour le mousqueton d'artillerie, il l’est aussi avec la carabine de gendarme à pied. Ce sabre-baïonnette ne subit aucune modification, et conserve sa vis de réglage de rosettes avec tête à deux trous. Il est possible que les fourreaux de ces sabres-baïonnettes aient été bronzés plus tard, à partir de 1883, comme ceux destinées au sabre-baïonnette série Z. Les fabrications de carabines et mousquetons du système 1874 n'ont commencé à St Etienne et Châtellerault qu'à partir de 1876, ce qui fait que seuls les sabres-baïonnettes fabriqués en 1876 et au-delà ont droit à l'appellation de sabres-baïonnettes modèle 1874, d'artillerie ou de gendarmerie à pied.

  Epilogue :

L’épée-baïonnette modèle 1874 Gras est sans doute une de celle que l’on rencontre le plus souvent. Elle n’a jamais été utilisée dans  un conflit majeur, elle à eu une longévité importante et une diffusion énorme. Sans grands titres de gloire, cette arme à pour mérite d’avoir donné à beaucoup de collectionneurs la passion des baïonnettes.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

The sword-bayonet 1874.   

Translator : Pierre Renoux.

christianmery@wanadoo.fr

 

  Description: 

The sword-bayonet models 1874 has a straight blade with a flat back giving it a T section. The back of the blade is made as a false edge for the last 11 cm to the tip which is moved back from the middle axis.

The crossguard has a hooked quilon, bent toward the blade end ending with a lenticular finial. The muzzle ring, open on the upside, is slightly distant from the back of the handle. The jaws or the ring opening are closed by a doomed rivet. Under these jaws is a slot for the small stud of the barrel. The crossguard is held by brazing and two doomed rivets. This crossguard, for economy reasons is the same than for the sword bayonet model 1866, but with rivet instead of screw for jaws.

The handle has a rounded brass cast pommel, and two walnut grips. The junction of the grips with the pommel is slant. Pommel is riveted to the tang by two flush brass rivets. Grips are held by two doomed rivets on washers, the tail of the locking spring acting as one of these washers. On the back of the handle is a long groove, for the barrel bar, ending inside of the muzzle ring. The rear sides of the grips and pommel act as sides of this groove. The grips are stepped forward to the crossguard, and the tang is there flush to the handle. On the back of the pommel, rear of the groove, is the slot for the bayonet stud, with a rounded grinding.. On the left side of the pommel is the press stud for locking, with a rounded protruding head, and on the other side, is the long L shaped steel spring, with a small tail to avoid any movement in the grips.

The scabbard is steel, with a large olive finial. The mouth piece, partly inner, has two springs to clip the blade. It has a small protruding piece at the back.. At 15 mm of the opening is a ring with a bridge on the front side. Mouthpiece is held by one doomed rivet on each side. The scabbard is completely blued.

  Measurements:

     Total length

 644 mm

   Length of blade    

 521 mm

Width of blade (heel) 

20,7 mm

Muzzle ring diameter   

17,5 mm

  Markings: 

On the flat back of the blade is engraved in script letters the name of the arsenal and the date of manufacture OF THE BLADE, month and year, by example :  

Mre d’Armes de Chatlt, juin 1878

The 3 arsenals having made it are Chatellerault (Chatlt), Saint Etienne (St Etienne) and Tulle.  

The arsenals being over working on the rifle model 1874 and modification of rifle model 1866, some private contract were done. So in Paris Oudry and Deny have made it. The bayonets are engraved “Paris Oudry” or “L.Deny”, with the dates. Another contract was given to Steyr arsenal, Austria, for this bayonet. 200 000 bayonets were made in Austria. They are engraved :

Usine de Steyr”, with the date.

The contract made bayonets are similar to the arsenal made and have received the same control and receipt stampings:  

On the right ricasso, a digit for the lot of steel, on the left ricasso, the markings of the Director and the inspector on charge of bayonets.

The serial number OF THE RIFLE is stamped on the quilon, together with the director and inspector stamps, left side. The SN is a script letter, denoting the arsenal where the rifle were made, with a number up to 5 digits.. These stamps are too fond on the back side of the scabbard, close to the opening and the SN is found on the back side of the scabbard ring.  

Some of these bayonets, used by the Navy and the colonial infantry have a naval anchor stamped on the crossguard, between the rivets, and close to the opening of the scabbard.

This bayonet was made as late as 1887 for replacement of the worn weapons.

 Variations :

The Steyr arsenal has too made bayonets for the Greek model 1878 rifle. They differ only by the markings from the French bayonets. Back of blade is engraved “Steyr Waffenfabrick” with the date, there is no control stamps on the blade, the serial number is stamped without letter on the crossguard, between the rivets, and the locking stud is stamped OEWG on its flat side.  

The French bayonet model 1874 was too modified for the German use during WW1, for Chilli and for Ireland.